Comme certains le savent, quand je suis arrivé, il y a un mois au Canada, je n’avais pas les papiers me permettant d’obtenir un visa pour étudier. Je suis donc entré comme touriste au Canada. En conséquence, je ne pouvais en aucune façon étudier, ou faire un stage, sous peine de me faire expulser du Canada
En débarquant à Sherbrooke, il y a un mois, je me suis rendu compte dans quel imbroglio administratif je me trouvais. Les démarches ayant été faite hors délai (je ne dirai pas pourquoi, mais vous l’aurez deviné, mais comme on dit à Boquette: vive la strass), j’ai du me battre avec la légendaire bureaucratie canadienne. A mon arrivée, la seule solution de mes interlocuteurs canadien était que je retourne en France, car c’était trop tard pour s’inscrire. A force de parlementer, d’insister, d’essayer que chacun de mes interlocuteurs y mettent un peu du leur, que chacun cède un peu de son terrain bureaucratique, à force d’harceler mes interlocuteurs pour faire avancer les choses au plus vite, en étant en permanence à la limite de la légalité, j’ai pu obtenir mes lettres d’admission. Puis j’ai obtenu mon CAQ (à Montréal) dans la foulée, mon permis d’étude (à l’ambassade du Canada à Paris), et ce soir j’ai effectuté la dernière étape de ma régularisation. Ces diverses étapes étaient comme une longue attente, qui me rongeait l’esprit tous les jours, avec une épée de Damoclès au dessus de la tête: celle de se voir refuser le droit d’étudier au Canada, car celui ci s’obtient uniquement avant de partir au Canada, c’est à dire dans son pays d’origine. Toujours être en attente d’un mail, d’un coup de téléphone, d’une lettre, sans ne rien pouvoir faire pour accélérer les choses, ce fut vraiment pas évident à gérer.
Embarquant lundi soir, avec un doctorant de l’université de Sherbrooke, direction la frontière Américano-Canadienne. Après 60km sur une autoroute au milieu de nulle-part, sans croiser une voiture, on apperçoit en fin quelques lumières: c’est la frontière. Un bref arrêt au bureau de la douane canadienne de Stanstead, où ils me répondent que la seule solution est de quitter le Canada. Il est alors 22h, je quitte le Canada, et me dirige à pied sur 500m, à travers un no-man’s land vide, non éclairé. Puis j’arrive aux douanes américaines, où un douanier m’interpelle (en anglais, ebid’ss). Je cherche mes mots, pour lui expliquer ce que je veux faire. Puis après quelques minutes, il a enfin compris ce que j’essayai de lui dire. A peine avoir posé le pied aux Etats-Unis, je me fais arrêté par les douaniers, qui me reconduisent à la frontière, avec un arrêté d’expulsion. C’est le papier qu’il me fallait pour prouver que j’avais quitté le Canada. Et là, je retraverse le no man’s land, puis je me présente à la douane canadienne pour entrer au Canada. Et là miracle, avec mes papiers en règle, le douanier tamponne mon passeport, et j’obtiens enfin un statut légal d’étudiant au Canada. C’est la fin d’un mois de combat.
Je vais enfin pouvoir continuer mon stage d’assistant ingénieur l’esprit tranquille
En route pour de nouvelles aventures
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